Qu’est-ce que l’Entreprenariat Social et Solidaire ?

Apparue et répandue dans les années 1980-90, cette nouvelle vision de l’entreprise n’est pas unique : selon l’espace géographique ou bien la finalité de l’entrepreneur, le mode d’action sera différent. Cependant, il existe un dénominateur commun à ces initiatives, duquel découlent les grands principes de l’ESS : la pensée selon laquelle la création de profits ne doit pas être la finalité d’une l’entreprise, mais seulement un moyen pour accomplir une mission d’intérêt général.

         Cette mission repose sur les trois piliers du développement durable : les entreprises du secteur de l’ESS ont ainsi un projet économique (production de biens et services, modèle viable, création de richesses,…), une volonté d’engagement social (réintégration d’anciens prisonniers, garantie d’un juste revenu aux producteurs,…) et le plus souvent un modèle respectueux de l’environnement. La plus grande différence avec l’entreprenariat classique est ainsi le format choisi, en accord avec le projet et répondant à deux demandes précises : une gouvernance élargie et une lucrativité limitée. La plupart adoptent donc le format de coopératives, mutuelles, associations, ou fondations, et ont une gouvernance participative.

         Cependant, au-delà de ces points communs essentiels, chaque culture a déployé une forme d’ESS différente, en accord avec ses valeurs et ses besoins. Dans les pays anglo-saxons, le modèle privilégié est celui de l’entrepreneur qui change le monde avec son idée. C’est donc moins dans le fonctionnement de l’entreprise ou le mode de production que l’aspect social est censé apparaitre que dans le produit lui-même, qui doit révolutionner la société par ce qu’il apporte aux consommateurs. En Asie, dans la lignée de la Grameen Bank fondée par Muhammad Yunus, s’est développée l'idée que la subvention aux besoins des pauvres est immense marché que le secteur privé devrait occuper. En Italie, l’ESS s’est développée pour assurer des services sociaux que l’Etat, en crise dans les années 1990, avait du mal à assurer. En France, les entrepreneurs sociaux cherchent le plus souvent à atteindre des objectifs à la fois par le bien ou service vendu et par le mode d’organisation interne à l’entreprise.

         Le poids pris par l’ESS dans l’économie en une poignée de décennies semble en grande partie s’expliquer par une demande de la population en ce sens, qui a permis la viabilité des projets. Les populations cherchent de plus en plus à consommer, épargner ou encore travailler autrement.

         Consommer autrement, cela revient principalement à utiliser des produits plus respectueux de l’environnement ou bien du consommateur lui-même, de sa santé, de la lutte contre le gaspillage. Ainsi, dans une étude du groupe Oeko Tex auprès de 11 000 consommateurs de 10 pays, 70% déclarent qu’ils veulent s’investir pour avoir un mode de vie plus durable et respectueux de l’environnement. Cela favorise l’émergence d’une offre allant dans ce sens : par exemple, Moino 91 récupère les invendus de boulangerie et les vend aux éleveurs locaux, ce qui évite le gaspillage et donne aux animaux, donc in fine aux consommateurs, une alimentation de qualité. Baluchon, lancé en 2013, offre de restauration saine et de saison pour salariés, livrée sur le lieu de travail et préparée uniquement par des personnes en situation économique précaire. Dans ces deux initiatives, on a bien un modèle économique efficace car répondant à une demande, qui est articulé autour d’un engagement social directe. Par conséquent, bien que leur aire d’action, comme pour la plupart des structures de l’ESS, soient locale, les initiatives ont un un impact direct à la fois pour les consommateurs, qui ont une garantie de qualité, et pour les habitants du territoire (approvisionnement peu cher, réinsertion,…).

         La montée de l’épargne solidaire est aussi relativement forte (déjà plus de 200 000 en 2005) : elle repose sur des principes non seulement économiques (taux d’intérêt, financement), mais aussi un objectif social partagé par épargnants leurs banques. L’épargne solidaire permet désormais d’investir, non plus uniquement en fonction de principes financiers, mais également en vertu de critères de solidarité et/ou de proximité. Babylon propose ainsi de placer l’épargne colletée dans des institutions de microfinance partenaires partout dans le monde, ce qui contribue au développement économique et à la réduction de la pauvreté dans les pays en développement.

         Enfin, beaucoup veulent travailler autrement : le succès du système coopératif et du mode de fonctionnement démocratique en entreprise se constate par le nombre de personnes qui y participent. Près de deux millions de personnes travaillent désormais dans les associations, coopératives, mutuelles, fondations, soit une augmentation de 50% par rapport à 1990.

         Les entreprises sociales et solidaires reposent donc sur des piliers similaires, et bien qu’elles aient des forment, des objectifs et des modes d’actions très variés, elles forment un tissu très solide et interactif. Elles se réunissent au sein de groupes locaux ou nationaux, sectoriels ou plus généraux comme le Mouvement des Entrepreneurs Sociaux (Mouves entre autres), et se rencontrent lors de forums et de salons (mois de l’ESS en novembre 2017, 24H de l’ES à Lille le 3 février 2017,…). Répondant à une demande de plus en plus importante, au coeur du renouveau de territoires en crises et en cours d’unification par une coopération qui s’installe entre les milliers de structures qui composent l’ESS, il n’y a nul doute sur le fait que cette nouvelle manière d’entreprendre deviendra essentielle dans le tissu économique de demain.

 

Antoine Malherbe



Babyloan : comment ça marche ?

1.     ABC Microfinance et Babyloan: action et responsabilité

ABC Microfinance, société par action simplifiée, a créé Babyloan en 2008, aujourd’hui première plateforme européenne de financement participatif, afin de :

·       Favoriser l'accès des micro-entrepreneurs des pays en développement et français au micro-crédit grâce un service de prêt non rémunéré entre particulier. Le site s'occupe de mettre en relation le demandeur et le prêteur.

·       Sensibiliser aux Nouvelles Solidarités: Social Business, Web Solidaire…C'est un réseau social et une plateforme d'information.

Babyloan propose aux particuliers de faire un prêt du montant qu'ils souhaitent à un projet de micro-entrepreneur choisi n'importe où dans le monde. Ce projet est proposé par une Institution de Microfinance partenaire de Babyloan, qui s'engage à vérifier la viabilité des projets qu'elle propose et à rembourser le prêt en cas d'insolvabilité du demandeur. Dans son activité, ABC Microfinance s'engage à faire transiter les fonds de manière sécurisée.

 

2.     Ce qu'il faut savoir pour un prêteur particulier

·       Condition: En tant que prêteur il faut avoir 18 ans révolus et pouvoir être contacté par mail.

·       Déroulement du prêt:

Vous financez un projet à la hauteur que vous souhaitez (min 10€). Ce projet comporte une demande de financement et une durée de remboursement. Une fois le financement total du projet assuré (ou 3 mois après la mise en ligne du projet), les fonds sont transmis à l'IMF.

Le remboursement par mensualités (somme totale prêt / durée du prêt) débute sur votre compte Babyloan deux mois après le transfert de fonds au micro-entrepreneur. Vous pouvez ensuite faire un virement de votre compte Babyloan à votre compte bancaire ou réinvestir votre argent. Si un an après la fin du remboursement total de votre prêt, et après les multiples rappels de Babyloan, vous n’effectuez aucune action, la somme est automatiquement réinvestie par Babyloan.

·       Petits conseils au prêteur :

L'IMF est seule garante du remboursement des prêts et assure les variations de taux de change, mais si vous prêtez de grosses sommes, mieux vaut diversifier vos risques et prêter à plusieurs projets dans plusieurs pays. Vous ne pouvez pas vous rétracter sur un prêt.

Les paiements par carte bancaire et virement bancaire (si la somme est supérieure à 500€) sont privilégiés. Lors de The Rise, les chèques sont acceptés mais devront être écrits au nom de Develop, qui transfèrera les fonds à Babyloan. Babyloan créera un compte au prêteur qui aura donné son mail, et l’argent lui sera reversé sur son compte Babyloan.

Vous pouvez vous renseigner sur  la situation politique et économique des pays dans lesquels vous prêtez sur diplomatie.gouv.fr

·       Procédure Know Your Customer:

Les nouvelles normes bancaires de lutte contre le blanchiment imposent plusieurs contraintes : lors du retrait de la somme prêtée, tout prêteur devra fournir sa pièce d’identité et, lorsqu’il recevra confirmation (environ 10j après envoi), il pourra retirer la somme prêtée. Les personnes physiques ou morales (ex : associations) devront se soumettre aux formalités Know Your Customer pour des prêts dépassant 2500€, toujours dans le cadre de la lutte contre le blanchiment d’argent.

 

Clara Jouy



Rencontre avec un entrepreneur financé par Babyloan

 

Les 24 et 25 novembre 2015, Develop a participé et remporté le Challenge THE RISE 2015 de Babyloan, qui a réuni 28 écoles et dont le but était de lever le plus de prêts sur les campus étudiants, afin de financer des micro-entrepreneurs. Au total, c’est plus de 120 000€ qui ont été récoltés, dont 30 000€ à l’EDHEC, et vont financer entre 150 et 200 projets.

 Parmi les projets déjà financés par Babyloan, figure celui d’Emmanuel, que certains membres de Develop sont allés rencontrer.  Emmanuel est pâtissier, mais il est aussi chocolatier, glacier et confiseur. En 2013, il ouvre sa boutique “Sensations”, à Nice, pâtisserie fine et salon de thé. Quelques mois après, à cause de travaux plus chers que prévus, il doit alors contracter un emprunt, qui lui est refusé par sa banque.

 Il se tourne alors vers Créa-sol, une institution de microfinance de la région PACA, et Babyloan, une plateforme française de crowdfunding solidaire. Partenaire de Develop, Babyloan permet le financement de micro-entrepreneurs tout autour de la planète, des prêts de petits montants, sans intérêts mais 100% garantis. Un geste simple pour faire le bien !

 En une semaine, plus de 40 personnes investissent dans le projet d’Emmanuel, lui permettant de lever 7000€, qu’il utilise alors pour communiquer sur sa pâtisserie et améliorer le packaging de ses produits.

Son expérience avec Babyloan a été très positive, et il encourage tout le monde à ne pas hésiter à prêter à des entrepreneurs comme lui,  un geste qu’il qualifie « de simple acte de bonté qui aide énormément ».

La pâtisserie Sensations d’Emmanuel se trouve au 17 boulevard Carnot à Nice, n’hésitez pas à 

passer y faire un tour pour goûter ses délicieuses créations !

 

Camille Duchatelet



The Rise 2015

Pour la quatrième fois consécutive, la microfinance est  placée au centre d’une compétition inter-école à la visée sociale et à la dimension internationale.

L’édition 2015

La compétition inter-écoles dont le but est de récolter un maximum de prêts sur le campus de notre  école aura lieu le mardi 24 et le mercredi 25  novembre 2015.

Ce concours permettra de financer des projets de micro entrepreneurs que vous-mêmes pourrez choisir !

L’an passé nous avons pu récolter pas moins de 12 704 euros grâce à vos prêts plaçant ainsi notre école en tête du concours ! Nous vous re-sollicitons, afin de promouvoir le Social Business, modèle économique lancé par Muhammed Yunus.

Le succès depuis sa création, à travers le financement de plus d’une trentaine projets de micro entrepreneurs aux quatre coins du monde, et la victoire de L’EDHEC Business School l’an dernier, alimentent davantage notre ambition.

Une si belle réussite grâce à la contribution de chacun

Le principe est simple : les sommes collectées par Develop EDHEC sont prêtées à des micro-entrepreneurs sélectionnés en amont par l'organisateur de cet événement (Babyloan) dans le but de leur permettre de réaliser leurs projets. Une fois les projets réalisés, les prêteurs se voient remboursés et peuvent être fiers d'avoir soutenu les initiatives de jeunes entreprises.

L’objectif de cette quatrième édition est donc de continuer à vous convaincre que votre participation n’est pas sans importance, et de ce fait pouvoir une fois de plus remporter le trophée, symbole du dynamisme de notre campus et de la communauté EDHEC !

 

Cette année The Rise compte sur vous

En un prêt, donne vie à son projet !

Agathe Cosson



Comprendre la Microfinance avec Develop !

En France comme partout ailleurs, des petits entrepreneurs peinent à trouver des fonds pour monter leurs entreprises. Le système de crédit habituel est en effet assez frileux avec les nouvelles entreprises, et on peut le comprendre, tout particulièrement dans les pays en développement. Au delà du risque, les petits crédits ne sont pas très rentables pour les prêteurs, car ils permettent tout juste de couvrir leur frais de gestion.

Pourtant, ces hommes et ces femmes qui cherchent à créer une entreprise représentent potentiellement un immense atout pour leur région. C’est donc pour palier à ce type de situations que des Institutions de Microfinance (IMF) sont créées sur place. Celles-ci, comme les banques, prêtent de l’argent à ces entrepreneurs, mais leur travail ne s’arrête pas là ! Elles établissent des études de viabilité mais s’intéressent aussi aux conditions sociales au sein de l’entreprise et peuvent conseiller ces entreprises, tout particulièrement celles ayant un impact socialement positif sur leur région. Ainsi l’économie solidaire se met en route.

Mais ces IMF sont généralement des structures locales de taille réduite. C’est pourquoi elles doivent faire appel à des gestionnaires de fonds internationaux pour se financer. En conséquence, des personnes du monde entier peuvent les soutenir et ainsi participer au développement de l’économie d’un village, d’une région et pourquoi pas par la suite d’un pays. Prenons l’exemple de Beni Ghreb : producteur et exportateur de dattes biologiques, cette petite entreprise créée dans le village tunisien de Hazoua compte aujourd’hui parmi les principaux exportateurs de dattes du pays, et permet à la population de son village de trouver un emploi, de bénéficier de formations ainsi que de diversifier son économie. Beni Ghreb a été financé directement par un gestionnaire de fonds français, responsAbility, qui l’accompagne depuis ses débuts.

Mais alors, quelle mission pour Develop dans tout cela ? L’association offre la possibilité de découvrir les missions d’audit et le rôle des financeurs internationaux, à travers notre projet Develop Diligence. Après une formation en finance au siège parisien de notre partenaire, responsAbility, l’un des principaux gestionnaires de fonds indépendants au monde, nous les avons accompagnés lors d'une mission d’audit en Tunisie, auprès de deux exportateurs de dattes biologiques, dont Beni Ghreb, ainsi qu’en Bosnie-Herzégovine, auprès d’une IMF. Au programme sur place : rencontres avec les entrepreneurs, visites détaillées des locaux (usines, infrastructures pour les employés) et des palmeraies, participation aux réunions financières entre investisseurs et entrepreneurs… En somme, une expérience extrêmement enrichissante qui permet de découvrir un autre visage de la finance, qui se préoccupe principalement des questions sociales dans les pays en développement, le tout accompagné par des experts de responsAbility.

Maïwenn Essioux & Eliès Gaillard



Entrepreneurs et sac à dos

http://entrepreneurs-et-sac-a-dos.com

C’est à pied, à travers l’Europe de l’Est et de l’Asie, que Cyrille et Marlène deux jeunes français fraîchement diplômés partiront durant un an, à compter d’avril, à la rencontre des entrepreneurs adoptant une démarche responsable, sociale et environnementale.

Depuis près de douze mois, ils préparent ce périple.

Quel est leur but ? Aller à la recherche de nouveaux modes de management, de production, d’économie et d’envisager le devenir de la planète.

L’Asie n’est pas la première destination à laquelle vous auriez songé ? Vous pensez que c’est un pari fou de partir un an ? Armés de leur curiosité, leur entrain et de leur volonté de changer le monde, écoutez d’abord Cyrille et Marlène, co-fondateurs de l’association « Entrepreneurs et sac à dos » vous parler de leur passion commune pour l’entrepreneuriat, le voyage et l’appel du lointain. Ils vous feront surement changer d’avis !

 

Develop : « Bonjour Cyrille et Marlène, tout d’abord, pouvez- vous nous en dire davantage sur vos motivations ?

 

Cyrille : « Un exemple nous pousse à développer notre démarche :

Il y a peu, se tenait le World Forum pour une économie responsable à Lille, et en ouverture une intervenante a expliqué qu’un entrepreneur à la recherche d’idées comme nous à l’étranger, avait rencontré une femme qui fabriquait des peluches en forme de fruit. Il l’a aidée à se développer, trouvant ses créations intéressantes. Celle-ci a pu élargir son entreprise, offrir du travail autour d’elle et de l’animation dans son village, car des gens de différents horizons venaient exprès pour son travail. Finalement une grande marque de distribution occidentale a eu vent de cette entreprise et a signé un contrat avec cette chef d’entreprise. Aujourd’hui celle-ci est propriétaire d’un grand atelier qui engendre de la croissance. On peut parler d’économie responsable, et c’est ce vers quoi nous aspirons. »

 

Develop : « Très bien, parlons un peu de votre site. Pourquoi l’avez-vous créé, à qui s’adresse t-il ? »

 

Marlène : « Nous avons créé ce site afin de retracer nos découvertes au fil du voyage. Celui-ci sera composé des interviews des entrepreneurs et des pépites en tous genres, trouvées sur notre trajet.»

 

Cyrille : « J’ajouterai que l’entrepreneuriat est le moteur de l’économie, or en France, les entrepreneurs ont souvent mauvaise presse. Nous voulions mon amie et moi-même changer cette image, montrer qu’il existe différentes façons de créer sa propre entreprise et donc d’influencer l’économie. Etre son propre patron peut signifier être à l’écoute des besoins de la société et être conscient des enjeux du développement durable. Du moins, c’est comme ça que nous envisageons un entrepreneur responsable et l’entrepreneur de demain en France. 

 

Aussi, ce blog s’adresse aux entrepreneurs, à ceux qui méconnaissent l’entrepreneuriat et surtout ceux comme nous, avides de connaissances sur le monde qui nous entoure. »

 

Develop: « Merci pour cette réponse. Comment allez-vous rencontrer ces entrepreneurs à l’étranger, et par la suite les aider ? Qu’espérez-vous apporter à ces personnes et retirer de ces expériences ? »

 

Marlène : « A l’heure actuelle, nous faisons appel au bouche à oreille, nous parlons de notre projet aux médias, associations, groupement d’entreprises… Un seul objectif : Etre connu et reconnu ! Nous savons que le réseau constitue un réel moyen de nous faire connaître et donc de rencontrer ces hommes et ces femmes qui créent de la richesse. »

 

Cyrille : « Concernant les rencontres, nous avons quelques points de chute pour le moment, mais tout reste à faire ! Nous comptons d’ailleurs sur vos lecteurs pour nous transmettre les contacts de personnes susceptibles de répondre à notre projet. Nous savons que les rencontres se feront également au fil du voyage. »

 

Marlène « Ce voyage offre la possibilité de rencontrer des personnes au parcours plus riche les uns que les autre, au détour d’un chemin. »

Cyrille : « Une fois sur place, quand l’occasion se présentera, nous mettrons à profit nos compétences acquises au cours de nos études en France, et espérons participer au développement de projets locaux. Travailler aux côtés des locaux sera notre récompense.

 

De retour en France, nous retirerons surement de ce voyage, une vision nouvelle des modèles de management et d’économie. Et peut être des idées de création d’entreprise pleins la tête ! »

 

Develop: « C’est un projet ambitieux, auriez-vous des conseils pour d’autres qui hésiteraient à se lancer, votre déclic par exemple quel fut-il ? »

Cyrille : « Le conseil serait de bien réfléchir aux raisons qui poussent à partir et de se lancer ! »

 

Marlène : « Pour nous, nous ne parlons pas de déclic, mais d’un projet murement réfléchi qui reflète nos valeurs communes. »

Develop remercie Cyrille et Marlène, et souhaite bonne chance à l’association « Entrepreneurs et sac à dos ». 

 

http://entrepreneurs-et-sac-a-dos.com

 

Maïwenn Essioux



Ces étudiants qui traversent la planète pour découvrir l'entrepreneuriat social

Si l'année de césure en milieu d'études encouragée par les grandes écoles françaises rappelle les congés sabbatiques que s'accordent beaucoup d'étudiants anglo-saxons ou scandinaves, elle en reste toutefois assez distincte. En effet, en France, elle est pour la majorité des cas l'occasion d'effectuer un stage en entreprise, et non pas de voyager, de faire du bénévolat, d'apprendre le ukulélé ou encore de faire la tournée des bars tchèques.

Toutefois, de plus en plus d'étudiants sortent de ce cadre étriqué et poursuivent un projet qui leur tient à cœur, à l'image de ces trois étudiants de l'Ecole Centrale de Nantes qui ont largué les amarres en 2012 pour un tour de l'Atlantique de 9 mois en bateau à voile. Même si beaucoup de recruteurs en France voient encore cela d'un mauvais oeil, associant l'année sabbatique à de simples vacances, celle-ci peut se transformer en véritable atout si votre projet a un sens et si vous arrivez à mettre en avant le savoir-être et savoir-faire que vous en avez retiré. Et n'oubliez pas que votre vie ne se résume pas à un CV.

 

Dans le domaine de l'économie sociale et solidaire, cette pratique a le vent en poupe.

 Tout a commencé en 2005, quand deux étudiants (Sylvain Darnil et Mathieu Le roux) ont décidé de faire un tour du monde pour rencontrer 80 entrepreneurs sociaux dont ils ont fait le portrait dans 80 hommes pour changer le monde, un livre qui a connu un fort succès.

« Entrepreneurs quoi ? »

C'est simple, ce sont des entreprises qui ont pour but de régler localement des problèmes de sociétés (pauvreté, accès au logement, exclusion, pollution, sous-nutrition..). La différence fondamentale avec une association humanitaire est qu'en faisant du profit, l'entreprise sociale propose une solution durable et qui ne dépend pas d'une charité à géométrie variable. De plus, les personnes concernées par ces problèmes deviennent actrices de leur résolution et non pas simplement bénéficiaires. Par exemple, en Inde, eKutir met à disposition de fermiers pauvres des outils informatiques disponibles dans des kiosques en échange d'un faible abonnement mensuel. Ceux-ci leur permettent d’augmenter leur productivité agricole en les aidant à déterminer leur prix de vente idéal, à repérer les bonnes semences,à anticiper les fluctuations climatiques...

 

Des dizaines d'étudiants, inspirés pas ce projet, ont décidé de tenter l'aventure. Parmi eux, Jonas Guyot et Matthieu Dardaillon ont décollé dans le cadre de leur projet Destination changemakers pour l'Inde, les Philippines et le Sénégal pour s'immerger dans le quotidien de trois entrepreneurs sociaux, avec qui ils ont travaillé. Leur action a par exemple abouti aux Philippines à la signature d'un partenariat entre Gawad Kalinga (qui construit des villages destinés aux plus démunis) et Schneider electrics qui permettra à ces villages d'être

alimentés en énergie solaire bon marché. Ils en ont également tiré un livre (A la rencontre des entrepreneurs qui changent le monde) et un nouveau projet (Ticket for change, qui permet à 50 personnes d'embarquer pour un tour de France d'entrepreneurs sociaux et d'être formées en vue de créer leur propre projet).

Certaines écoles essayent de répondre à cette nouvelle demande des étudiants, à l'image de l'ESSEC qui propose des cours sur l'entreprenariat social ou HEC qui a créé un MOOC sur cette thématique.

 

Idéalisme naïf, mode passagère, ou tendance de fond?

Il y a évidemment une forme d'enthousiasme idéaliste chez les personnes porteuses de ces projets, elles sont passionnées par les solutions innovantes apportées à des problèmes vieux comme le monde et leur voyage revêt une dimension presque initiatique : elles espèrent être "inspirées", connaître un changement profond, voir comment certains "changent le monde", etc.

Toutefois, de par la nature même des entreprises sociales, le pragmatisme est de rigueur; on y va d'abord pour apprendre : comprendre les défis auxquels font face ces entreprises et découvrir la réalité et le fonctionnement de ce qui n'était qu'un concept. On y va aussi pour faire connaître ces entreprises que l'on étudie peu, et ça marche : de nouveaux projets fleurissent en France comme Vidéaux qui produit des vidéos sur les entreprises innovantes du social business ou encore Planète d’Entrepreneurs qui aide des entrepreneurs sociaux à mesurer leur performance sociale. Enfin, un tel voyage demande énormément de préparation : la plupart ont coûté autour de 15 000 euros (souvent réunis grâce à du sponsoring, à une campagne de crowdfunding, à des apports personnels et à un prêt bancaire) et demandé plusieurs mois de préparation.

 

Quoi qu'il en soit, il revient à nous, jeunes, de décider si le social business sera ou non une tendance de fond. Que ce soit pour créer votre propre entreprise sociale, d'innover au sein de grands groupes comme ce fut le cas à Danone avec Danone Communities, de travailler dans le social business ou encore dans les associations comme Ashoka, MakeSense ou Enactus qui soutiennent ces entreprises, le choix est large. Le but lui, est simple : avoir un impact fort et positif sur la société.

En attendant, à vos baluchons !

 

Saad Loutfi



La Doume, monnaie du Puy-de-Dôme, lancée ce samedi 17 janvier 2015 !

     Ainsi une nouvelle monnaie locale apparaît, encore ! Peut-être ne le saviez-vous pas, mais il semblerait qu’une nouvelle tendance surfe au sein du monde économique et politique des petites localités. Après la Pêche, monnaie locale de Montreuil lancée en 2013, ce sera au tour de Nantes et du pays Basque courant 2015 avec la SoNantes et l’Eusko de créer leur propres monnaies !


Dans notre monde globalisé, ces initiatives sont-elles pertinentes ? Pourquoi des maires, tel que notre ancien premier ministre Mr Jean-Marc Ayrault (papa de la SoNantes) éprouvent-ils le besoin d’offrir une nouvelle forme de paiement ? 

Tandis que la zone Euro ne cesse de s’élargir, et que la majorité des économistes clament que le salut de l’Europe passe par son alliance contre le reste du monde; certains responsables de régions lancent un message d’opposition. L’irresponsabilité est le premier mot qui peut venir à l’esprit. Il est temps qu’une réalité s’ancre une fois pour toutes dans nos esprits, l’économie ne fera pas machine arrière. Nous devons faire face aux pays émergents, et ceux déjà émergés. Il ne devrait donc plus être question de se retrancher dans sa région et de ne commercer qu’avec son voisin. 

     Mais peut-être que ces monnaies locales sont plus que cela ? Plus qu’une preuve du refus de la globalisation, ces monnaies prennent justement en compte la difficulté que trouvent beaucoup d’entrepreneurs à s’insérer dans le marché. Ces monnaies permettent aussi d’avantager les échanges locaux, ainsi de créer de l’emploi dans leurs régions d’implantation,et de réduire par ailleurs l’empreinte écologique. Elles combattent la spéculation et les paradis fiscaux, ce qui ne peut laisser indifférent celui au fait de l’actualité. Mais ce qui a pu attiré encore notre attention à Develop, c’est le partenariat qu’a établie l ‘association responsable de cette  toute nouvelle monnaie qu’est la Doume. 

En effet, les euros reçus par l’association, en échange de la monnaie locale, seront placés sur un compte à la Nouvelle économie fraternelle, une banque «militante et éthique», et pourront financer, à terme, des projets de micro-crédit.

Or, s’il est, certes temps de réaliser que notre économie s’inscrit définitivement dans un monde globalisé, il est encore plus urgent de repenser nos valeurs sociales.

La monnaie locale alors ne doit pas être un folklore, une pièce souvenir de nos voyages, mais une arme économique, une piqure, comme un rappel que l’on peut toujours agir autrement, que des solutions pour améliorer notre économie sont recherchées et peuvent aboutir. Grâce à la solidarité de toute une région qui repense le commerce, certains désagréments de la mondialisation disparaissent, ainsi la rendent vivable, ce à quoi doit faire tendre l’économie.

Maïwenn Essioux



World Forum Lille - Edition 2014

Ce vendredi 24 Octobre, veille des vacances pour nous autres EDHEC, se tenait le dernier rendez-vous pour cette année proposé par le World Forum Lille. Pour cette 8e édition, le World Forum Lille cherchait à faire progresser l’idée de l’économie responsable et à lancer un projet allant dans ce sens. Et pour couronner l’événement, Muhammad Yunus, prix nobel de la paix en 2006, etTony Meloto, deux pionniers et grandes références en matière d’économie responsable, nous faisaient honneur de leur présence pour débattre avec eux et pour comprendre un peu mieux ce qui se cachait derrière cette notion.

Une définition du social business a été d’abord demandée à chaque intervenant :

M. Yunus : Le social business a comme caractéristique fondamentale de ne pas être tourné vers la recherche de profits mais vers la résolution d’un problème socio-économique (le chômage, problème sanitaire, pauvreté etc…) tout en fonctionnant comme une entreprise dite « normale ».

T. Meloto : Le développement de ces entreprises permettra de valoriser des situations gagnants-gagnants dans toute la population. Nous ne sommes plus dans une logique de bénéfices maximaux mais de bénéfices optimaux.

Des exemples de social business ou de projets allant dans le sens de l’ESS lancées par des entreprises françaises ont été donné :

Leroy Merlin a mis en place trois projets :

  • Accompagné des Compagnons bâtisseurs ainsi que quelques jeunes de l’action civile, reloger des habitants vivants dans les lieux insalubres.
  • Faire don de tout ce qui est inutile ou en trop à l’Agence de Don en Nature qui les redistribue aux plus démunis.
  • Créer un social business qui a pour but de réaménager d’anciens containers afin qu’ils servent d’abris de première urgence. De plus, celui-ci embauche des quinquagénaires en difficulté sur le marché du travail compétents dans le domaine du BTP.

La société McCain a déjà créé un social business et compte mettre en place un second projet pour en créer plusieurs qui collaboreraient ensemble dans la région du Nord-Pas-De-Calais :

  • Campo Vivo : Redonner à des paysans colombiens leurs terres et leur transmettre un savoir faire pour qu’ils puissent ensuite rendre leur coopérative rentable, viable et autonome à long terme. L’idée est de racheter les écarts de triages des producteurs locaux pour en faire des soupes cuisinés par des chefs qui seront ensuite revendues en  grandes surfaces ; ce projet recherche donc à limiter le gaspillage et à créer de l’emploi.

 

Après cela, les deux invités d’honneur ont pris la parole pour expliqué ce qu’ils avaient entrepris et quels social business ils avaient créés.

M. Yunus a présenté ses projets au Bengladesh :

- Grameen I : naissance de la Grameen Bank, son développement et son fonctionnement.

- Grameen II : Social business dans les domaines de la santé, l’énergie, les produits agricoles.

T. Meloto a présenté la Gawad Kalinga :

Une association qui crée à travers le pays des communautés intentionnelles organisées de manière viable (infrastructures d’éducation et de santé, création d’entreprises etc…). Son idée : rendre la dignité aux Hommes, car selon lui, la pauvreté extrême pousse l’Homme à se tourner vers des choses horribles comme la délinquance.

La conférence s’est clôturée par la présentation  du projet que compte lancer le World Forum Lille dans le Nord Pas De Calais : SoBizHup. Il repose sur 4 piliers majeurs :

  1. La sensibilisation et la promotion du social business afin de lever les barrières mentales et les réticences communes à s’engager dans la voie du social business. Ceci passera par des conférences, des campagnes de sensibilisation...etc
  2. Des espaces de co-création et d’intrapreneuriat social.
  3. Une chaire de social Business et de recherche lancée par l’Université Catholique de Lille.
  4. Un incubateur afin d’apporter les fonds nécessaires et les aides logistiques pour le lancement de social business.

 

Adrien Serrania